• Sandes

Etre curateur : le point de vue du pro.



Lors de ma visite à la Galerie Trait Noir, j'ai eu la chance de rencontrer Mr Franz Maillard à qui j'ai posé des questions quant à son travail de curateur pour une exposition afin d'avoir un aperçu de ce qu'impliquait son travail. Il nous livre ici son témoignage.




«J’en ai cure !»


Notre atelier galerie Trait noir est une association de 9 artistes qui partagent la galerie et l’atelier. Par ironie, je me suis auto-intitulé commissaire d’expositions et curateur*. Cette fonction, prise au deuxième degré, ne recouvre pas la réalité d’une galerie tenue collectivement où tout se décide à la majorité dans une ambiance quasi familiale.

Mais mon rôle, mon engagement choisi est bel et bien celui de chercher des artistes, de compulser leurs travaux, de les sélectionner, de les organiser dans un accrochage et une scénographie qui rendent justice à l’artiste et mettent en valeur sa démarche ou un axe particulier de celle-ci .


Ni commercial, ni institutionnel, Trait noir jouit de la plus grande des libertés dans son activité ; je suis sans contrainte dans le choix des exposant.es. Tout est basé sur une confiance mutuelle entre l’artiste et moi-même, entre moi-même et l’association. Dès lors que je propose au calendrier l’exposition de quelqu’un de l’extérieur, j’ai toute latitude. Très souvent, j’ai déjà un fil thématique, une vision plastique ou une scénographie après une seule rencontre avec l’artiste. Non pas que je sois particulièrement pertinent, averti ou expérimenté mais parce que j’ai tout loisir d’user de ma subjectivité et de mes intérêts précis en terme d’arts plastiques.


S’en suit une sélection des œuvres, de préférence sans l’artiste qui a souvent un regard biaisé sur sa propre production. Je me dois de tenir compte, il va de soi, de l’espace à disposition. Je répartis les œuvres soit chronologiquement, soit par technique, soit par thématique, par format ou une combinaison dosée de tous ces éléments.


Mon objectif : à l’image d’une structure, l’exposition doit former un tout qui restera cohérent malgré certains changements et qui pourrait s’auto-réguler dans un autre espace. J’ai l’avantage, de plus, de m’occuper du graphisme (carte et affiche), de la communication sur le site et les réseaux sociaux. Ceci est le garant de plus d’unicité.


L’avant veille ou la veille du vernissage, je m’enferme dans la galerie et je réalise l’accrochage jusqu’à satisfaction. Je travaille seul, c’est un choix et une condition. Si l’artiste tient à monter son exposition lui-même, je suis ravi de lui passer la main.


Je suis naturellement en quête de l’avis et du retour de l’artiste sur l’accrochage. C’est primordial pour moi d’avoir sa pleine adhésion sur mon regard et mes choix. Dès lors, le public est juge et sa réaction me tient à cœur : il est LE destinataire.


Franz Maillard

Trait noir

http://www.galerietraitnoir.ch


*Le terme de curateur (du latin curare, prendre soin de) n’a que peu de lien avec celui qui, administratif, désigne une personne qui prend en charge la gestion financière d’un individu en incapacité. Cette dénomination, venue dans ce contexte-là du monde anglo-saxon, signifie conservateur de musée ou de galerie. Le commissaire d’exposition, quant à lui, est responsable de la sélection des œuvres et de la muséographie d’une exposition temporaire. Ces deux termes ont des connotations directives ; mais on a pas encore trouvé mieux.

45 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout
 

Curatalk

Formulaire d'abonnement

  • Instagram
  • Facebook

©2020 par curatalk. Créé avec Wix.com